MISES EN GARDE
- Les données qui suivent tentent de présenter l'amyotrophie spinale sous toutes ses formes
y compris les plus extrêmes et les plus rares.
- Elles ne représentent pas une description de la pathologie ni de son évolution dans tous les cas.
- La plupart des informations peuvent donc ne pas vous concerner.
- Nous vous conseillons de prendre, avant lecture, la distance nécessaire pour recevoir ces informations, puis le temps pour les trier,
et les confronter à vos situations personnelles, à vos choix et à vos histoires.
Association Myonet |
Actualité sur les essais thérapeutiques en cours
Professeur Brigitte ESTOURNET - Docteur Louis VIOLLET
Présentation de la liste des essais
qui reprend à peu près les mêmes données qu’en
janvier/février 2006.
Etat de la question aux USA
- développement des centres spécialisés
. project Cure SMA
. PNCR Network
. AmSMART
- importante mobilisation des associations de patients
- création de registres de patients (en particulier grâce à un questionnaire)
- projets de criblage à haut débit de molécules
- implication croissante des laboratoires pharmaceutiques
- mise à disposition de modèles animaux pour tester des molécules candidates
Création d’un comité international (2006)
Avec groupes de travail et conférences téléphoniques mensuelles
Drogues candidates
- Pour surexprimer SMN2 : Dépakine, Phénylbutyrate, Hydroxyurée, Aclarubicine (toxique)
- Neuroprotectrices : Riluzole, Gabapentin, TRO19622
- Musculotropes : Créatine, Carnitine, Salbutamol
Essais en cours
1/
Hydroxyurée :
USA, Stanford CA, sur type 1 < 2 ans et types 2 et 3 de 2 à 10 ans non ventilés
6 mois contre placebo puis 12 mois en ouvert
Critères : type 1 = survie, type 2 = scores de motricité
Résultats attendus : fin janvier 2008
2/
Dépakine (USA + Canada)
2.1/ Carni-val
Placebo en double aveugle sur 90 patients types 2 et 3
De juillet 2005 à novembre 2007
Critères : fonctionnels principalement
Résultats attendus : début 2008
2.2/ Valiant-SMA
Essai multicentrique sur types 3 ambulants de 18 à 60 ans
36 patients, sur 13 mois
Placebo en double aveugle
Critères : fonctionnels
2.3/ Stop - SMA (Salt Lake City)
Sodium phénylbutyrate
Ouvert (= sans placebo) sur 12 enfants présymptomatiques (fratries d’enfants atteints)
Critères : surtout tolérance et pharmacocinétique, et autres comme la masse corporelle
Début juin 2007
- sur 18 mois pour le 1er groupe (0-3 mois fratrie de type 1)
- sur 24 mois pour le 2nd groupe (0-6 mois fratrie de type 2)
=> on a constaté une forme moins grave que pour les autres enfants atteints, mais la méthodologie ne semble pas vraiment fiable.
3/
Riluzole
Multicentrique (15 centres en France) sur 150 patients des types 2 et 3, de 6 à 20 ans
Placebo en double aveugle, dose de 50 mg/jour
Critères : stabilisation du score fonctionnel sur une échelle (MFM) sur les 2 ans de l’essai, ainsi que capacité vitale, qualité de vie, et mesure de l’indépendance fonctionnelle.
Actuellement 129 patients sont recrutés, fin des inclusions au 31/12/2007
Fin de l’étude en décembre 2009
Résultats attendus : 1er semestre 2010.
Nota : ceux qui auront terminé avant les autres pourront continuer le Riluzole au-delà des 2 ans de l’essai.
4/
TRO19622, neuroprotecteur
Essai de phase 1b sur 10 individus de 6 à 25 ans
3 centres (Lille, Marseille, Garches)
début novembre 2007
Etude pharmacocinétique
L’essai de phase III est prévu (placebo en double aveugle sur grande population), comme le Riluzole, avec un réseau cette fois européen.
Les essais ont montré que :
- La prise en charge sur le plan nutritionnel et respiratoire améliore la survie des ASI de type 1, faisant chuter de 70 % le risque de mortalité.
- Il y a de grandes difficultés liées aux essais sur les types 1 :
- recrutement extrêmement difficile (parents réticents)
- outil d’évaluation MUNE (électrophysiologie) difficile à mettre au point et très dépendant de l’examinateur
- échelles non validées pour le type 1.
Solutions : simplifier au maximum les essais sur les types 1, organiser les essais à domicile, avec des prélèvements à faire uniquement au talon, commencer très précocement.
- Il faut améliorer les outils d’évaluation.
- Il faut connaître le tissu cible (muscle, nerf ou jonction neuromusculaire).
- Il faut améliorer la fenêtre thérapeutique.
Perspectives
- Il y a de nombreuses molécules candidates.
- Les réseaux qui se développent peuvent aider à résoudre les difficultés de recrutement.
- Proposer un dépistage systématique à la naissance pour pouvoir mettre en place des traitements présymptomatiques.
Remarques de B. Estournet :
Il est très difficile éthiquement d’imposer un dépistage systématique dans une population « normale », avec des parents non informés et sans avoir de traitement curatif à proposer derrière.
Les difficultés de recrutement sont liées au fait que :
- pour les enfants : les parents décident
- pour les ados : ils ne veulent généralement pas (les ados ne veulent jamais rien !)
- pour les adultes : eux veulent participer, mais n’intéressent pas la recherche car ce qui fonctionne sur les adultes ne fonctionne pas forcément pour les enfants, et on cherche essentiellement des solutions pour les enfants.
En France, les parents veulent un produit qui guérisse, par seulement un produit qui pourrait ralentir l’aggravation de la maladie.
Il y a un problème de sensibilité des tests actuels pour évaluer l’aggravation (ou pas) sur un laps de temps très court, pas sur 10 ans !