vendredi 23 novembre 2007
Entretiens de la Fondation Garches
AMYOTROPHIE SPINALE INFANTILE
par Maruja « Macha » SENER

MISES EN GARDE
  • Les données qui suivent tentent de présenter l'amyotrophie spinale sous toutes ses formes y compris les plus extrêmes et les plus rares. 

  • Elles ne représentent pas une description de la pathologie ni de son évolution dans tous les cas. 

  • La plupart des informations peuvent donc ne pas vous concerner. 

  • Nous vous conseillons de prendre, avant lecture, la distance nécessaire pour recevoir ces informations, puis le temps pour les trier, et les confronter à vos situations personnelles, à vos choix et à vos histoires. 
Association Myonet

L’amyotrophie spinale proximale : histoire naturelle de la maladie

Professeur Brigitte Estournet

Dans sa forme classique, l’amyotrophie spinale est une maladie neuromusculaire héréditaire caractérisée : Rappels des grandes étapes historiques de la connaissance de la maladie, de 1891 jusqu’à l’identification en 1995 du gène SMN par l’équipe de Judith Melki. L’anomalie responsable de la maladie est une délétion homozygote dans 95 % des cas.

Epidémiologie

On n’a malheureusement encore aucun registre en France.

Au Royaume-Uni, des études récentes ont montré que la fréquence des hétérozygotes (porteurs sains) est de l’ordre de 1/50.

Classifications

Dès 1961 apparaît la première classification de l’amyotrophie spinale, en fonction de l’âge d’apparition des premiers symptômes : Plus récemment, les spécialistes ont établi une autre classification basée sur des critères fonctionnels : Cette dernière classification est une classification « a posteriori », puisqu’il faut pouvoir constater les capacités fonctionnelles après qu’elles se soient ou non manifestées.

Diagnostic

Essentiellement clinique dans les types I et II, le diagnostic peut être confirmé par une étude génétique qui recherche la délétion homozygote du gène SMN1.

Pour les types III et IV, le diagnostic est plus difficile à établir, car la présentation clinique de la pathologie peut ressembler alors à une myopathie. A défaut d’une analyse génétique, un électromyogramme permet d’identifier l’amyotrophie spinale.

Description clinique de l’amyotrophie spinale

Evolution naturelle en fonction du type

Type I

Forme classique 1b :

L’évolution va être rapidement sévère avec des poussées aboutissant à un tableau de tétraplégie avec troubles de la déglutition et insuffisance respiratoire dans la première année de vie.

Quand il y a trachéotomie, la survie est prolongée mais l’atteinte des paires crâniennes empêche toute communication malgré une conscience totalement préservée : le recours à la trachéotomie dans ce cas est donc éthiquement discutable, et n’est pas recommandé par l’équipe de Garches.

Forme 1c ou intermédiaire :

Evolution plus lente, aboutissant à une atteinte généralisée mais avec acquisition de la communication orale. L’atteinte respiratoire est précoce et responsable le plus souvent des décès. Intérêt évident de la ventilation.

L’aggravation de la fonction motrice atteint 50 % de l’atteinte initiale en 2 ans, quel que soit l’âge d’entrée dans l’étude.

Forme néonatale ou 1a :

Elle a une évolution particulière, avec absence d’aggravation dans les premières années de vie, un développement psychomoteur retardé mais en progrès constant. L’enfant finit par tenir sa tête et tenir assis. Exemple d’Alice B. (photo), atteinte par cette forme de la maladie, et dont la motricité a fait des progrès constants. D’où la nécessité d’une grande prudence dans l’annonce du diagnostic.

Remarque de B. Estournet sur le comportement des parents : certains ont intenté un procès, après qu’on leur ait annoncé une issue catastrophique qui n’est pas survenue, alors que jamais il n’y a eu d’exemple opposé, c'est-à-dire de parents ayant intenté un procès à la suite d’un message optimiste suivi d’une catastrophe. De son expérience, les parents ont plus de difficultés à s’adapter à une meilleure évolution que celle annoncée par les médecins, que l’inverse. Pour cette raison, ajoutée à l’incertitude concernant le pronostic vital, elle conseille de s’en tenir à un message le plus optimiste possible au moment du diagnostic.

Type II

Evolution progressive. Atteinte motrice variable. Espérance de vie normale, si on prend en charge les problèmes respiratoires. Intérêt de la ventilation, en particulier des relaxateurs de pression et de la VNI.

Dans l’étude réalisée, la fonction motrice a baissé de 15 % en 4 ans, et la capacité vitale de 20 % sur le même laps de temps.

Type III

L’atteinte motrice est variable. L’évolution peut être stable pendant des années et s’aggraver brutalement. L’évolutivité respiratoire existe, mais tardivement, et il faut donc surveiller attentivement l’insuffisance respiratoire qui risque de survenir.

Type IV

Même peu symptomatique, le patient est très fatigable et a souvent du mal à faire reconnaître son handicap.

Conclusion

L’amyotrophie spinale est une maladie génétique d’expression variable même au sein d’une même fratrie.

Le critère le plus significatif de suivi est la mesure de la fonction motrice, alors que le suivi de la capacité vitale est moins intéressant car plus aléatoire.

L’atteinte du motoneurone a un retentissement multiviscéral rendant nécessaires une prise en charge globale et un suivi multidisciplinaire précoce.

Discussion

Q : L’échelle de qualité de vie (EQV) est-elle appliquée / applicable ?

R : Non, elle ne paraît pas pertinente. Les patients qui ont rempli le questionnaire n’ont pas trouvé les questions adaptées.