vendredi 23 novembre 2007
Entretiens de la Fondation Garches
AMYOTROPHIE SPINALE INFANTILE
par Maruja « Macha » SENER

MISES EN GARDE
  • Les données qui suivent tentent de présenter l'amyotrophie spinale sous toutes ses formes y compris les plus extrêmes et les plus rares. 

  • Elles ne représentent pas une description de la pathologie ni de son évolution dans tous les cas. 

  • La plupart des informations peuvent donc ne pas vous concerner. 

  • Nous vous conseillons de prendre, avant lecture, la distance nécessaire pour recevoir ces informations, puis le temps pour les trier, et les confronter à vos situations personnelles, à vos choix et à vos histoires. 
Association Myonet

Les amyotrophies spinales atypiques

Docteur Louis VIOLLET

Dans 95 % des cas l’amyotrophie spinale est de forme classique (proximale), les autres cas sont essentiellement :
des amyotrophies spinales distales
> des amyotrophies spinales bulbo spinales
> des amyotrophies spinales avec anomalies du système nerveux central (SNC)
> d’autres formes d’amyotrophie spinale.

Présentation détaillée de deux pathologies : le syndrome SMARD (comparé au type 1 classique) et l’amyotrophie spinale distale chez l’enfant.

Discussion

Q : Ne faudrait-il pas revenir à une classification de ces pathologies en neuropathies périphériques pures, sans parler d’ASI ? En effet, dans ces pathologies on constate souvent une atteinte sensitive (avec le temps ou après une autopsie), ce qui les mettrait dans la même famille que les Charcot-Marie-Tooth, plutôt que de les définir comme une atteinte seulement motrice. D’où l’intérêt aussi de pratiquer un électromyogramme pour faire la différence.

R : Il faut avoir les idées larges sur les classifications.

SUPPORT LIVRE

Dans le livre, la définition des amyotrophies spinales décrit que ces affections héréditaires sont caractérisées par une dégénérescence des motoneurones de la corne antérieure de la moelle épinière, et parfois des neurones moteurs des noyaux du tronc cérébral. A cette définition purement neuropathologique, correspondent des critères cliniques, anatomopathologiques et électro physiologiques :
- déficit moteur avec amyotrophie,
- absence de déficit sensitif cliniquement décelable,
- absence de signe pyramidal,
- aspect histologique de dénervation musculaire,
- profil de dénervation à l’électromyographie de détection,
- enregistrement électrique de potentiels sensitifs distaux,
- normalité des vitesses de conduction nerveuse motrice et sensitive.

D’autres éléments sont moins constants :
- réflexes ostéotendineux en principe abolis ou diminués mais parfois conservés au début de la maladie. Il arrive même qu’ils soient particulièrement vifs au début de la maladie,
- fasciculations musculaires,
- discret ralentissement des vitesses de conduction nerveuse possible,
- augmentation modérée des créatines kinases sériques parfois observée.

Dans les entités cliniques répondant à ces critères, la plus fréquente est l’amyotrophie spinale proximale autosomique récessive liée au gène SMN. Les amyotrophies spinales non liées au gène SMN forment un groupe très hétérogène sur le plan clinique comme sur le plan génétique.

Epidémiologie

L’incidence de l’ASI liée au gène SMN est de 1 naissance sur 6 à 10 000. Les données épidémiologiques sur les autres amyotrophies spinales ne sont pas exhaustives.

Des études britanniques faites en 1979 et 1980 montrent une prévalence dans celles-ci des amyotrophies spinales distales, qui étaient alors estimées à environ 10 % de toutes les amyotrophies spinales dans la population du nord-est de l’Angleterre.

Particularités

Mode de transmission :
- transmission autosomique dominante majoritaire dans les formes débutant à l’âge adulte
- transmission autosomique récessive majoritaire chez le jeune enfant
- formes transmises sur le mode récessif lié à l’X beaucoup plus rares.

Topographie du déficit moteur :
- déficits moteurs prédominants aux extrémités (amyotrophies spinales distales)
- déficits moteurs prédominants aux ceintures (amyotrophies spinales proximales)
- déficit moteur réparti de façon homogène (amyotrophies spinales généralisées).

Difficultés nosologiques

Amyotrophie spinale distale et maladie de Charcot-Marie-Tooth

Les amyotrophies spinales distales se différencient des neuropathies sensitivo-motrices héréditaires par l’absence de déficit sensitif.
Les données génétiques récentes révèlent qu’une même mutation peut être liée à un phénotype d’amyotrophie spinale distale et à un phénotype de neuropathie sensitivo-motrice dans une même fratrie.

Amyotrophie spinale et sclérose latérale amyotrophique (SLA)

La SLA est caractérisée par une atteinte à la fois du motoneurone et du neurone cortical moteur.
Toutefois, dans certaines formes de SLA l’apparition des signes pyramidaux est tardive, voire absente, et des signes pyramidaux discrets ont pu être rapportés dans certaines amyotrophies spinales distales. Dans ce cas, l’appartenance à l’un ou l’autre groupe peut être difficile à préciser.

Hypothèses physiopathologiques

Les mécanismes responsables de la mort précoce et élective des motoneurones dans les amyotrophies spinales sont encore mal connus. Toutefois, le nombre croissant de gènes identifiés dans diverses pathologies neurodégénératives permet d’entrevoir certains éléments de réponse :

La perturbation du transport axonal pourrait expliquer au moins en partie la sélectivité de l’atteinte du motoneurone. En effet, la longueur des axones du motoneurone nécessite l’intervention de mécanismes de transport efficace des protéines cargos, du noyau vers les neurites terminaux. On comprend aisément que la perturbation ou le blocage de cette voie puisse entraîner un dysfonctionnement de la jonction neuromusculaire et entraîner une amyotrophie avec dénervation.

A l’inverse, les signaux générés au niveau du neurite terminal doivent être transportés vers le noyau. Des perturbations de ce transport rétrograde peuvent certainement entraîner des situations de souffrance et/ou de mort du motoneurone.

Enfin, les signaux générés dans le neurite terminal peuvent être des facteurs trophiques dérivés des muscles cibles.

Ils peuvent aussi être générés par la traduction locale d’ARNs, et donc certaines mutations impliquant la transcription d’ARN peuvent interférer avec cette voie de signalisation.